Patrice Reboul
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Dague Othello et Desdémone

Armes anciennes
Dagues et poignards
XIXÈME SIÈCLE
ARMES ANCIENNES



longueur fermé 54.00000 cm

Cette dague a une histoire mouvementée qui n’est semble-t-il pas terminée. Initialement attribuée à Félicie de Fauveau, cette attribution est aujourd’hui remise en cause. Elle n'en reste pas moins un très bel exemple du style romantique comme l'attestent les différents exemplaires conservés dans des musées : l’une est conservée au musée municipal de Fontenoy-le-Comte,l’autre au musée Girodet de Montargis et deux autres sont également présentes au Fine Arts of Boston et au Detroit Institute of Arts. L’intérêt premier de cette dague est bien entendu sa poignée. Celle-ci représente Othello sur le point de tuer Desdémone, convaincu que celle-ci l’a trompé avec Cassio. Cette scène s’inspire bien évidemment de la célèbre pièce de Shakespeare, Othello, et plus particulièrement de la scène 2 de l’acte V, dont on peut citer ces quelques vers : « Mais il lui faut mourir, pour n'en point trahir d'autres. Éteignons ce flambeau d'abord et puis cet autre. Si je t'éteins, ô toi, ministre de clarté, Je puis, s'il m'en repent, te rendre la lumière; » Arme d’apparat, il s’agit avant tout d’un objet décoratif comme l’atteste la qualité et le foisonnement d’éléments sculptés. En plus de la poignée, le fourreau se compose de nouvelles représentations de Desdémone, d’entrelacs, de mascarons et de sphinges ailés, le tout d’une certaine polychromie grâce à un jeu sur les patines du bronze. La lame est également abondement décorée de motifs dorés. Anciennement attribué à Félicie de Fauveau, notre œuvre n’en est pas moins très proche des autres dagues créées par cette artiste. On y retrouve en effet le même style troubadour et les inspirations romantiques. L’une d’elle, acquise par le Louvre en 1982, s’inspire également de l’univers shakespearien. La poignée représente sur chacune des faces illustrent ainsi un épisode de la scène 5 de l’acte III de Romeo et Juliette. Sur l’une, Juliette se penche à la fenêtre pour lancer l’échelle de soie à Roméo et sur l’autre les deux jeunes gens se disent adieu. Cette œuvre s’inscrit par ailleurs tout à fait dans son époque où les armes d’apparat tendent à devenir de véritables œuvres d’art et les poignées de véritables sculptures. On peut notamment citer la boîte d’armes offerte par le duc d’Orléans en 1833 au général Gourgaud et conservée aujourd’hui au musée de l’Armée. La poignée de l’épée représente Saint-Georges terrassant le dragon alors que le couteau figure un chasseur sonnant du cor entre deux chiens.

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